Avec ce projet d’un montant de près de 100 millions d’euros, l’entreprise publique va réaliser un investissement raisonné et patrimonial. Le bâtiment réhabilité se caractérise également par sa performance environnementale.
C’est ainsi qu’Eau de Paris a inauguré, le 17 février 2026, son nouveau siège social, toujours situé dans le XIIIe arrondissement de Paris mais désormais au 14 Rue Fernand Braudel (et non plus au 19 Rue Neuve Tolbiac). Ce projet immobilier ambitieux, d’un investissement total – l’acquisition du bâtiment, sa rénovation et son aménagement complet – d’un montant de près de 100 millions d’euros, est à l’image de la manière dont la régie conçoit sa mission de service public depuis 2010, année de la remunicipalisation du service de l’eau dans la capitale.
Le montant du projet pourrait sembler élevé mais il s’agit d’un investissement raisonné et patrimonial puisqu’en devenant propriétaire de son siège, l’entreprise publique fera, à terme, l’économie de loyers annuels supérieurs à 5 M€, ce qui contribuera à stabiliser les charges et optimiser les coûts sur la durée, sans impact sur la facture d’eau des usagers, garantissant un usage responsable des fonds publics.
Le nouveau bâtiment représente également une économie de près de 8 % de la surface par rapport au siège précédent, elle-même susceptible de générer mécaniquement une réduction du même ordre des dépenses de fonctionnement et d’entretien du bâtiment. À cela s’ajoute la libération de l’ancien Pavillon de l’eau, un espace pédagogique destiné aux scolaires et aux familles, situé jusqu’en décembre 2023 dans le XVIe arrondissement et fermé depuis cette date. La régie publique économise ainsi les frais d’exploitation et de maintenance. Un nouveau Pavillon de l’eau ouvrira prochainement au sein du bâtiment réhabilité.
L’immeuble, livré en 2002 et acheté par Eau de Paris 20 ans plus tard, accueille désormais, sur une surface utile de 5 400 m2 sur neuf étages, 397 postes de travail fixes, 449 postes de travail en bureaux flexibles, 70 salles de réunion (de 2 à 35 places), une terrasse extérieure de 243 m2, avec cafétéria et toiture débordante abritant des espaces de vie partagés, un auditorium de 72 places et le futur Pavillon de l’eau au rez-de chaussée (210 m2).
« Les espaces de travail sont pensés comme de véritables lieux de vie, proposant des configurations multiples, adaptés aux rythmes et aux missions variés des équipes. Les différents plateaux s’organisent en îlots de bureaux en open space, en coins détente et en espaces où s’isoler. Les personnels profitent de “bulles” de réunion acoustiques, de tisaneries centrales et d’espaces de travail informels », précise la régie.
Des économies en énergie et en eau
Le nouveau siège abrite aussi le centre de pilotage intégré (CPI). Situé dans un périmètre protégé du bâtiment – un site de secours a également été mis en place et testé – , il assure, en temps réel, la sécurité de la production et de la distribution en eau potable à près de 3 millions d’usagers. Il optimise l’exploitation des installations d’eau potable, d’eau non potable et d’énergie renouvelable, soit sept usines de traitement, cinq réservoirs stratégiques et 2 000 km de canalisations.
Eau de Paris met par ailleurs en avant la performance environnementale de son nouveau siège avec 60 % de consommation d’énergie finale économisée (comparé à celle de l’immeuble avant sa rénovation) – grâce à une enveloppe performante, l’utilisation de matériaux biosourcés, un raccordement au réseau de chaleur urbain – et 100 % des eaux de pluie récupérées en toiture dans une cuve de 160 m3 pour alimenter les sanitaires et l’arrosage, d’où une réduction de 377 m3 de la consommation d’eau par an. Le bâtiment s’appuie aussi sur des équipements hydro-économes qui représentent une économie annuelle totale en eau potable de 1 667 m3.
Pour répondre aux enjeux climatiques, le projet privilégie enfin une approche bioclimatique avec une façade à ossature bois et une isolation thermique performante en fibre de bois. Les quatre premiers étages sont entièrement vitrés pour garantir un bon ensoleillement des plateaux. Les apports solaires des étages supérieurs sont limités pour éviter que les bureaux ne surchauffent. La ventilation est optimisée pour réduire la dépendance à la climatisation mécanique.

