En remplaçant 10 000 compteurs mécaniques, l’Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC) contribuera à mieux maîtriser le fonctionnement général du réseau d’irrigation et à facturer les abonnés au juste prix, en fonction de leur consommation avérée.
L’Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) rattaché à la collectivité de Corse, assure depuis plus de 40 ans l’aménagement et la gestion des ressources en eau de l’île (production, stockage et distribution d’eau brute, fourniture d’eau potable) pour les collectivités, les agriculteurs et les usagers. Dans un territoire particulièrement exposé aux effets du changement climatique, où 52 % de l’eau prélevée est utilisée à des fins agricoles et pour les usages d’agrément, la préservation de la ressource constitue un enjeu de taille.
L’OEHC dispose actuellement d'un volume annuel d'eau brute d'environ 80 millions de mètres cubes, notamment issue de barrages, de stations de pompage et de prises en rivières. Cette eau est acheminée par un réseau de distribution de plus de 3 000 km de canalisations reliées à près de 10 000 branchements. L’établissement public a annoncé la modernisation de ses branchements sur le réseau d’eau brute, en particulier à usage agricole, avec le remplacement, à l’horizon 2030, des compteurs mécaniques par des modèles communicants d’Itron, fabricant retenu à la suite d’un appel d’offres.
Historiquement, une grande partie du réseau était équipée de compteurs mécaniques. Sensibles sur le plan métrologique et aux manipulations frauduleuses, et peu adaptés à la collecte de données exploitables, ces équipements limitaient fortement la capacité de l’OEHC à disposer d’une vision précise et fiable des volumes réellement consommés. « Nous constations des écarts significatifs entre rendement apparent et rendement réel, avec des répercussions à la fois sur la performance économique du service et sur la capacité à piloter efficacement notre réseau », détaille Henri Politi, chef du service Exploitation à l’OEHC.
Il ajoute que, « dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, cette situation n’était plus tenable et appelait une refonte de notre stratégie de comptage ». Alors que le rendement réel avoisinait 80 %, le rendement économique atteignait difficilement 50 %. Après une nette amélioration des rendements réseaux et financiers sur les points de comptage testés dès 2022 – le secteur du Nebbiu et une première antenne en Plaine orientale nord – , amélioration confirmée l’année suivante par l’analyse des données de facturation dans les secteurs les mieux équipés, l’OEHC décide alors de lancer une campagne de renouvellement de son parc de compteurs. Les 10 000 branchements gérés par l’office seront équipés d’ici deux à quatre ans.
« Le premier critère de choix, la confiance »
En plus de la précision métrologique des compteurs d’Itron, de leur robustesse vis-à-vis des conditions d’exploitation agricoles, de leur capacité à récupérer des données via la télérelève et de leur certification MID[1], « le premier critère de notre choix a été la confiance, poursuit Henri Politi. Partenaire de longue date, Itron fournit des solutions qui répondent tout à fait à nos exigences en matière de fiabilité et de précision, et qui ouvrent la voie à une meilleure exploitation de la donnée de consommation ». « Ce projet illustre parfaitement le rôle central que peut jouer la donnée de comptage dans la performance des réseaux hydrauliques », indique Éric Benoît, responsable commercial Sud-Est, Corse & Outre-Mer chez Itron.
Par ailleurs, l’OEHC déploiera des systèmes de comptage sectoriel avec près de 1 000 débitmètres statiques sur l’ensemble du réseau, les données collectées permettant ainsi de cibler les zones où une anomalie est détectée. Combinées à celles issues des compteurs connectés, ces données alimenteront l’outil de supervision de l’établissement public, qui bénéficiera, dès lors, d’une vision en temps réel du fonctionnement de son installation. À moyen terme, l’office veut passer progressivement de la supervision à l’« hypervision », en intégrant des données météorologiques, satellitaires ou issues de systèmes informatiques (information géographique, relation client…) mais aussi de nouvelles technologies s’appuyant sur l’intelligence artificielle (IA).
Cette démarche de modernisation contribuera à mieux maîtriser le fonctionnement général du réseau d’irrigation et à facturer les abonnés au juste prix, en fonction de leur consommation avérée, puis à anticiper les tensions sur la ressource, à améliorer le partage de l’eau entre les usages et à accompagner plus efficacement le monde agricole dans l’adaptation de ses pratiques. À l’horizon 2035, l'objectif de l’OEHC est d’atteindre, sur l'ensemble du territoire, des rendements en eau brute compris entre 70 et 80 % et, ainsi, d'économiser environ 5 millions de m3 par an.

